« Je vous en supplie, ceux qui ont des enfants, parlez-leur, dites-leur de ne pas harceler, dites-leur que c’est grave, et pour les autres, dites-leur de se défendre ».
Sujets couverts
Une marche blanche a été organisée ce dimanche à Mulhouse, après le suicide de Dinah, 14 ans. Ses proches dénoncent le harcèlement scolaire subi par la jeune fille..
Marche blanche à la mémoire de Dinah
« Ma fille avait l’habitude de me dire qu’elle était laide. Ses harceleurs avaient l’habitude de lui dire qu’elle était laide. Mais elle ne l’était pas ! Regarde comme Dinah était belle ». Ce que dimanche a déclaré Amira, la mère de Dinah, tenant dans ses mains un portrait de l’adolescente, devant 1 400 personnes réunies sur la place de la Réunion à Mulhouse.
La marche blanche en mémoire de Dinah, 14 ans, qui s’est suicidée à cause du harcèlement scolaire, selon sa famille, a réuni plus de 1000 participants ce dimanche 24 octobre.
Le cortège était mené par les parents et le frère de la jeune fille, qui, suivis par le reste des participants, ont traversé le centre-ville derrière une banderole portant l’inscription « Dinah, à tout jamais dans nos cœurs ».
« À la mémoire de Dinah. Stop harcèlement »
La marche est devenue un fervent appel à la fin du harcèlement scolaire.
De nombreuses bannières mentionnent « À la mémoire de Dinah. Stop harcèlement » et parmi les participants, accompagnés de roses blanches, beaucoup ont chanté « justice pour Dinah », « les mots blessent, les mots tuent » ou « plus jamais ça ».
Des personnalités publiques ont aussi rendu hommage à la jeune fille sur Twitter: l’écologiste Sandrine Rousseau, le député Aurélien Taché ou encore la sénatrice Mélanie Vogel.
#Dinah avait 14 ans.
Pendant des années elle a subi la violence et le harcèlement.
« Sale arabe » « sale lesbienne », des mots qui tuent.Comme trop de jeunes LGBTQI+, elle n’y a pas survécu, elle s’est suicidée.
Pensées à sa famille, soutien à toutes les jeunes lesbiennes. pic.twitter.com/qSvdRlXQXN
— Mélanie Vogel 💪🏽🏳️🌈🌻🇪🇺 (@Melanie_Vogel_) October 24, 2021
« Ils la traitaient de ‘sale arabe’, ‘sale lesbienne’, ‘sale métisse’. » #Dinah n’a pas supporté et a mis fin à ses jours. Comme Chanel il y a deux semaines. Dans la France raciste, sexiste et brutale de @ZemmourEric, cela arrivera tous les jours. pic.twitter.com/CVW9wghsxA
— Aurélien Taché (@Aurelientache) October 24, 2021
Mais la voix la plus puissante de toutes était certainement celle de la mère de Dinah.
« Elle s’appelait Dinah, elle allait avoir 15 ans », elle a rappelé avant le départ du cortège. Son appel: « Il faut que le harcèlement cesse ».
« Je vous en supplie, ceux qui ont des enfants, parlez-leur, dites-leur de ne pas harceler, dites-leur que c’est grave, et pour les autres, dites-leur de se défendre ».
« Ma fille a été harcelée pendant deux ans, pendant deux ans, on a fait des pieds et des mains pour que ça s’arrête » mais elle a été « poursuivie jusqu’à la maison, jusqu’aux réseaux sociaux », a-t-elle reconté.
Dinah « était une personne intelligente, elle aimait la vie, elle voulait être présidente de la République, elle voulait faire du droit, elle voulait faire tellement de choses », a poursuivi sa mère.
Ouverture d’une enquête
La mère de Dinah a accusé le personnel enseignant de « négligences » et d’avoir « fermé les yeux » sur le drame vécu par sa fille, même après les messages de mort reçus par la jeune fille après une première tentative de suicide.
Le procureur de la République de Mulhouse, Edwige Roux-Morizot, avait indiqué vendredi qu’une enquête pour recherche des causes de la mort avait été ouverte.
On s’efforcera de « comprendre les raisons du geste de cette adolescente qui avait fait l’objet selon ses proches de harcèlement au sein de son établissement scolaire quelque temps auparavant ». Le procureur a indiqué, cependant, que le harcèlement reste « une hypothèse ».
Laisser un commentaire