Catégories: Culture
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30 juillet 2024 5 h 05 min

« JO Paris 2024: Confusion Catholique à l’Ouverture »

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La cérémonie d’inauguration des Jeux Olympiques de Paris 2024, qui s’est déroulée le vendredi 26 juillet, a provoqué un scandale en raison d’une image du chanteur Philippe Katerine, presque nu et peint en bleu. Ce dernier a été reproché d’indécence et d’obscénité par plusieurs religions. Les autorités catholiques de France, notamment la Conférence des évêques, ont exprimé leur désapprobation en qualifiant certaines scènes de moquerie et de dérision envers le christianisme. On croit y voir une parodie de la Cène – le dernier repas du Christ avant sa Crucifixion – qui est traditionnellement représentée dans la fresque célèbre de Léonard de Vinci (1495-1498), mais existent également en d’autres versions sous forme de peintures, de dessins ou de gravures.

Face à ces accusations, un argument soutient que la scène imaginée par Thomas Jolly n’a aucun lien avec la Cène. Cette affirmation se base sur le nombre disproportionné d’invités présents, contrairement à la tradition chrétienne qui réunit le Christ et douze apôtres. Cette confusion pourrait découler de la mise en scène, où on aperçoit plusieurs individus regroupés derrière ce qui pourrait évoquer une table, bien qu’elle soit dépourvue des habituels plats et boissons retrouvés dans les représentations de la Cène.

Au-delà de tout, la tenue, si l’on peut dire, de Philippe Katerine, laisse une certitude indéniable quant à les références mythologiques et artistiques qui sont en jeu ici. Sa nudité, qui a suscité un tel scandale, sa barbe, sa couronne de vignes et de fleurs, la natte qui se drape de l’épaule jusqu’au torse, le plateau plein de fruits et de fleurs : tout le désigne comme la personnification du dieu Dionysos pour les Grecs, qui a été transformé en Bacchus par les Romains. Son mentor est Silène, généralement représenté avec des cornes de bouc et en état d’ébriété. Dionysos est lié à la vigne et au vin et, plus généralement, à la nature et à la fécondité. Il est également considéré en Grèce comme le père de la tragédie, bien que cela n’ait pas été retenu par Thomas Jolly.
« Une immense célébration païenne »
L’habillement tapageur des drag-queens et leurs comportements, ainsi que celui de Philippe Katerine, font indubitablement référence à cette iconographie. On retrouve cela dans les images les plus populaires de Bacchus, y compris celle de Caravage, et dans celles qui regroupent le jeune dieu avec la magnifique Ariane qu’il trouve sur l’île de Naxos, où elle a été laissée par son amant, Thésée. La plus emblématique de ces œuvres est celle (1520-1523) de Titien, où un Bacchus nu saute dans le cadre, enveloppé dans un drapé rouge, accompagné de bacchantes et de satyres, peu habillés comme lui, à quoi la chanson chantée par Philippe Katerine fait clairement écho.
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